Ceci n'est pas une Marianne
Un tableau satanique au palais de l'Élys
ée ?

Nous présentons ici notre analyse du tableau Liberté, Egalité, Fraternité de l’artiste d’art urbain (ou street art) américain Shepard Fairey (alias Obey Giant). Beaucoup de téléspectateurs découvrirent cette œuvre quand qu’elle apparut derrière Emmanuel Macron, le 15 octobre 2017, lors de la première grande interview du président de la République à la télévision française depuis son arrivée au pouvoir. Certains internautes choqués ont alors rapporté qu’ils décelaient, au sein de cette composition, un symbole occulte. Intrigué, nous avons étudié ce signe en particulier, puis le tableau dans son ensemble ainsi que d’autres œuvres du même auteur. Nous abordons aussi la question de la méthode à adopter pour déterminer si l’aspect prétendument occulte du cette composition est le fruit d’une intention réfléchie de l’artiste ou s’il est plutôt le produit de coïncidences fortuites.

The artwork Liberte Egalite Fraternite by Shepard Fairey

Emmanuel Macron et le tableau

Dans la photo ci-dessous on peut voir le tableau tricolore de Fairey, accroché à un mur du salon d’angle du palais de l’Élysée, durant l’interview du Président accordée à TF1 et à LCI, dans son bureau, cinq mois après son election. La photo suivante fut postée par Shepard Fairey sur son compte Instagram le 10 mai 2017, quelques jours après la victoire d’Emmanuel Macron ; on y voit que l’œuvre figurait déjà dans le QG de campagne du candidat avant son élection. La troisième photo fut postée par le galériste Mehdi Ben Cheikh ; on l’y voit en compagnie de l’auteur et du Président posant devant le tableau le 22 juin 2019.

Grand Entretien du président Macron le 15 Octobre 2017
Fairey, Cheick and Macron standing by Fairey's painting "Liberte Egalite Fraternite"

Un article du Figaro explique que le tableau fut offert par Fairey au candidat Macron pendant sa campagne et qu’il fait partie de la collection privée du président de la République. L’artiste a précisé : « Je ne l’ai pas créé pour Emmanuel Macron, il a simplement décidé qu’il le voulait ». Les deux vidéos ci-dessous montrent que le tableau fut à nouveau visible à la télévision, pour deux années consécutives, lorsque le Président présentait ses vœux aux français, d’abord pour l’année 2018 puis pour 2019.

Vœux d’Emmanuel Macron aux Français pour l’année 2018

Vœux d’Emmanuel Macron aux Français pour l’année 2019

La remarque des internautes

Le détail qui a attiré l’attention des internautes est l’étoile située au niveau de la gorge de la « Marianne » du tableau.  Ils ont remarqué que si l’on tourne ce pentagramme de 180 degrés, apparaît alors une étrange ressemblance avec un symbole occulte : le sigil de Baphomet. Il s’agit de l’insigne de l’Église de Satan (organisation satanique américaine fondée en 1966 par Anton LaVey).

L’image suivante montre l’étoile sur le tableau (1) puis retournée (2). Pour comparaison nous montrons au-dessous le symbole de l’Église de Satan (3) ainsi que le dessin original de la tête de chèvre inscrite à l’intérieur d’un pentagramme (4) tel qu’il fut dessiné pour la première fois en 1897 dans le livre de l’occultiste français Stanlislas de Guaita La Clef de la Magie Noire. De Guaita a très certainement basé son dessin sur la chèvre sabbatique d’un autre occultiste, Éliphas Levi, dont nous parlerons plus bas.

Une signature inappropriée

Il serait facile d’objecter que l’étoile du tableau est en fait le logo de l’artiste et que celui-ci l’a évidemment placé là en guise de signature. Mais une telle marque semble déplacée de par sa position bien trop centrale et de par sa mise en valeur sur l’œuvre : le motif floral qui l’entoure ainsi que les lignes convergentes des deux pinceaux attirent l’attention de l’observateur sur ce motif alors qu’une signature se doit par convention d’être discrète. Cet aspect inadéquat du logo sur le tableau en tant que signature serait-il une indication qu’il remplit en fait un autre rôle ? Mais avant de nous pencher sur cette question, commençons par estimer le bien-fondé de la remarque des internautes l’étoile ressemble-t-elle véritablement à un symbole occulte ?

Le pentagramme : une ressemblance intriguante

Pour tenter d’évaluer objectivement le degré de ressemblance entre l’étoile renversée et le sigil de Baphomet, nous dressons simplement ci-dessous une liste des similarités factuelles. On peut penser que plus cette liste sera longue et plus la probabilité que la ressemblance ait été voulue par l’artiste sera grande.

  1. Les deux motifs comportent une étoile à cinq branches
  2. Dans les deux cas, il s’agit de pentagrammes inversés (la pointe vers le bas)
  3. Une tête est inscrite dans chaque pentagramme : dans un cas celle d’un homme, dans l’autre celle d’une chèvre
  4. Dans les deux motifs, les yeux sont situés au même endroit, au centre de l’étoile
  5. Les cernes sous les yeux de l’homme forment sur le dessin inversé des sourcils en « v » similaires aux traits visibles au-dessus des yeux de la chèvre
  6. Les ombres qui partent des yeux de l’homme et s’allongent jusqu’aux extrémités des pointes horizontales de l’étoile ont un contour identique à celui des oreilles de la chèvre dans l’autre pentagramme
  7. Les rides horizontales sur le front de l’homme présentent un motif similaire à celui de la bouche et des narines de la chèvre, situées dans la pointe inférieure du pentagramme
  8. Le triangle formé par les cheveux noirs de l’homme, dans l’extrémité de la pointe inférieure, est similaire au triangle décrit par la barbiche de la chèvre
  9. Les deux pointes du pentagramme orientées vers le haut sont divisées en deux dans le sens de leur longueur (par les petits triangles dans la partie inférieure du visage de l’homme et par les cornes de la chèvre)
  10. Les pentagrammes sont tous deux inscrits dans un cercle
  11. Sur chaque dessin, les cercles sont doublés (concentriques, l’un légèrement plus petit que l’autre)
Pour établir une évaluation complète de la ressemblance entre l’étoile du tableau renversée et le sigil, il convient aussi d’étudier les éléments qui les distinguent. Nous en comptons trois que nous présentons ci-dessous.

Premièrement le contour du nez de l’homme, au trait épais sur l’étoile de Fairey, n’a pas de motif équivalent sur le sigil. De plus il semble incongru : on voit mal, à priori, ce qu’il pourrait représenter sur la tête caprineCependant nous remarquons que cet appendice nasal inversé (1) emprunte la forme caractéristique de la torche qu’Éliphas Levi a dessinée sur la tête de sa chèvre sabbatique dans son traité Dogme et Rituel de la Haute Magie (2) : une tige élancée qui s’ouvre en trois pétals. On retrouve par ailleurs cette même torche sur le logo du Temple Satanique (3), une organisation satanique américaine.

Copy of Eliphas Levi's drawing of Baphomet and the logo of the Satanic Temple, both showing the torch between the horns of the goat-like head.

Donc, bien que ce nez inversé n’établisse pas un lien direct avec le sigil de Baphomet, il pourrait néanmoins faire référence à la chèvre sabbatique, elle-même une représentation de Baphomet (Baphomet est le nom donné par certains occultistes du XIXe siècle à l’idole mystérieuse que les chevaliers de l’ordre du Temple furent accusés de vénérer).

Passons maintenant au deuxième élément qui distingue le motif de Fairey du sigil de Baphomet. Sur l’image suivante, remarquez les traits radiaux qui relient les deux cercles concentriques sur le tableau de Fairey (1). Ceux-ci ne figurent pas sur le dessin de Stanislas de Guaita (2). En revanche les symboles occultes sont parfois inscrits à l’intérieur d’un ouroboros (un serpent qui se mord la queue) comme on le voit sur les exemples (3) et (4). Nous pouvons donc nous demander si Fairey a cherché à matérialiser un ouroboros.

Finalement remarquons que le sigil de Baphomet comporte des lettres hébraïques aux extrémités des pointes du pentagramme (elles écrivent le mot « Léviathan ») et que celles-ci n’apparaissent pas sur l’étoile de Fairey.

Notons aussi que l’iconographie du sigil de baphomet montre que ce symbole est parfois associé à trois chiffres « 6 ». Le pendentif (2) sur l’image suivante illustre celà. Cela fait bien sûr référence au fameux nombre de la Bête de l’Apocalypse de Jean (chapitre 13, versets 15-18). Est-ce alors une coïncidence si, sur l’« ouroboros » de Fairey, les anneaux situédans chacune des sections définies entre les pointes du pentagramme (1) sont justement au nombre de six ? Fairey aurait-il voulu alluder au nombre « 666 » en décrivant des séries de six anneaux sur son motif ?

La genèse du pentagramme de Shepard Fairey

Après avoir étudié les similarités qui rapprochent le pentagramme de Fairey renversé et le sigil de Baphomet, nous allons maintenant nous intéresser au processus que l’artiste a suivi pour obtenir cette étoile à cinq branches.

L’image suivante montre comment Shepard Fairey a conçu son étoile. Le point de départ est une affiche de lutte professionnelle (1) basée sur une photographie d’André the Giant (de son vrai nom André Roussimoff). On peut lire sur 1000LOGOS.net qu’en 1989 Fairey, alors étudiant en design, créa à partir de cette affiche l’autocollant André the Giant has a Posse (2). Bien plus tard il fera une version stylisée et symétrique du visage de son autocollant et la combinera à l’injonction « OBEY » pour créer le logo qui identifie son entreprise de vêtements Obey Clothing (3) fondée en 2001. Il créera ensuite des lithographies qui sont des variations sur son logo : l’exemple (4) montre la partie supérieure de la tête (laquelle n’est pas visible sur le logo). La figure (5) que l’on retrouve dans plusieurs œuvres de Fairey montre le visage du logo combiné à la lithographie et inscrit à l’intérieur d’une étoile. C’est cette version-là qui figure sur le tableau et dont l’image renversée est montrée en (6).

The stages of the creation of Shepard Fairey's pentagram

Avant de poursuivre, ouvrons une parenthèse dans notre analyse pour introduire le concept de dessin caché. L’image suivante montre la même gravure vue dans deux positions différentes. A gauche on perçoit un hussard alors que sur l’image retournée à droite on voit un cheval. Notons combien il est difficile de percevoir le cheval sur l’image de gauche (comme il est difficile de voir le hussard sur celle de droite). Il y a deux raisons pour cela. La première est bien sûr l’orientation inattendue de la tête du cheval : elle est à l’envers et donc peu reconnaissable. Mais une seconde astuce vient rendre la détection de l’équidé encore plus ardue : les traits facilement discernables du hussard s’impriment immédiatement dans la conscience de l’observateur et gênent ainsi la détection de l’élément supplémentaire, moins perceptible (le cheval).

The picture on the right shows a horseman. The picture on the left is the same picture turned upside down but shows a horse.

C’est ainsi que le graveur a habilement dissimulé le cheval. Ce procédé s’appuie sur un phénomène appelé cécité d’inattention (en anglais : « inattentional blindness ») qui désigne le fait d’échouer à remarquer un stimulus pourtant parfaitement visible. Bien qu’inattendu, ce stimulus est perçu par les sens et pourtant la conscience ne le détecte pas. Parmi les facteurs qui interviennent dans la cécité d’inattention, signalons la remarquabilité sensorielle et l’anticipation. Dans l’exemple du hussard, d’une part la remarquabilité sensorielle du cheval est faible (car il est représenté à l’envers) et d’autre part l’observateur ne s’attend pas à voir un cheval (faible anticipation). Le phénomène de cécité d’inattention est utilisé en stéganographie, l’art de faire passer un message inaperçu (bien qu’il soit visible) à l’intérieur d’un autre message.

Revenons maintenant à l’étude de l’étoile du tableau de Fairey. Se pourrait-il que l’artiste ait délibérément eu recours à la stéganographie pour dissimuler une représentation de Baphomet ? Si tel était le cas il serait en effet difficile de percevoir l’idole dans le tableau et ce pour trois raisons : premièrement parce qu’elle y figurerait à l’envers (faible remarquabilité sensorielle) ; deuxièmement parce qu’on ne s’attendrait pas à la trouver sur un tel tableau (faible anticipation) ; et troisièmement, le visage d’André the Giant, à l’endroit, s’imprime immédiatement dans notre conscience et ferait, en quelque sorte, diversion.

La question difficile qui se pose maintenant porte sur la méthode que nous devons adopter pour juger de l’intention de l’artiste. Comment estimer s’il a réellement voulu dissimuler une représentation de Baphomet dans son tableau ou si cette ressemblance avec l’idole est purement fortuite ?

Des incohérences, des choix arbitraires et des explications absurdes

Remarquons que sur la gravure du hussard/cheval la représentation du cheval montre des signes subtils qui trahissent la présence du dessin caché. Ces traits, nécessaires à l’intégrité du motif du hussard, sont autant de petites incohérences sur le motif du cheval. Nous citerons par exemple, sur l’image qu suit, cette projection incongrue (1) sur le chanfrein du cheval (partie de la tête s’étendant de la ligne des yeux à la région nasale) qui n’est en fait que la visière du chapeau du hussard sur l’autre motif. Citons encore cette bosse inopportune (2) sur le front de l’animal, normalement plat, mais qui est nécessaire pour donner un nez à l’homme sur l’autre image.

De la même manière, des anomalies dans le dessin du visage d’André (ou encore des incohérences dans la logique des étapes qui selon l’artiste permirent d’aboutir à ce dessin) qui ne se justifieraient que par leur contribution aux traits de Baphomet pourraient indiquer que l’artiste avait bien l’intention de représenter l’idole.

Premièrement, remarquons le traitement des rides frontales du lutteur par Fairey. Sur l’affiche de départ (1) elles sont obliques (plus hautes du côté gauche de l’affiche qu’à droite) et il y a deux sillons bien marqués au centre, au-dessus du nez. Sur son autocollant (2), Fairey a choisi arbitrairement d’accentuer d’un trait noir épais le sillon supérieur et d’adoucir le sillon inférieur. Sur la lithographie (3) l’artiste a encore une fois modifié ces rides : le sillon supérieur est devenu horizontal et le sillon inférieur est maintenant scindé en deux. Cela a pour effet de définir la bouche horizontale ainsi que les deux narines distinctes du Baphomet de l’étoile inversée. Est-ce ce que recherchait l’artiste On peut aussi questionner le choix de Fairey d’accentuer l’ombre au départ assez subtile sur l’affiche au-dessus de la bouche d’André, à gauche (1), en noircissant un espace triangulaire sur son autocollant (2). Ce triangle ensuite dupliqué symétriquement sur le logo permet de délimiter les cornes de l’idole sur l’étoile inversée (4). Etait-ce le but de l’artiste depuis le début ? De même, on peut remarquer le traitement des cernes sous les yeux du lutteur : d’abord repassés en noir sur l’autocollant (2), puis épaissis sur la lithographie (3), ils fournissent finalement des sourcils menaçants au Baphomet (4). Est-ce volontaire ?

On pourrait raisonner que si les étapes qui permirent la transition depuis l’affiche jusqu’à l’étoile furent réalisées dans le seul but d’obtenir une représentation de Baphomet alors les justifications et anecdotes qui accompagnent la création de ces étapes intermédiaires ne seraient que de fausses explications. Ainsi, des justifications qui sembleraient artificielles ou incongrues pourraient avoir été fabriquées et pourraient trahir l’intention secrète de l’artiste. C’est ce que nous proposons d’étudier maintenant. Notons aussi que le fait même que l’artiste ait fait connaître ces anecdotes au public peut sembler suspect. Voudrait-il faire diversion ? Préparerait-il un alibi ?

Commençons par remarquer l’absurdité de l’autocollant André the Giant has a Posse. Pour commencer, le choix de la photo du lutteur comme matériel de départ pour un pochoir nous surprend. L’explication donnée par l’artiste, rapportée par Deodato Arte fait intervenir un heureux hasard : alors que Fairey enseignait à un ami comment faire des pochoirs, ils seraient tombés sur une photographie de l’affiche dans un journal. Fairey aurait  alors proposé de l’utiliser mais comme elle ne plaisait pas à son ami il réalisa seul le pochoir et quelques autocollants. Il revient à chacun de s’interroger sur la capacité du contenu et de l’esthétisme de l’affiche de départ à inspirer un artiste. On peut aussi s’interroger sur l’attrait de l’autocollant produit par Fairey.

Le message inscrit sur cet autocollant nous semble lui aussi absurde : « André the Giant has a Posse » peut se traduire par « André le Géant a une bande de potes ». Fairey explique qu’à l’époque un groupe d’amis à lui se donnait le nom de « The Posse » et que le terme était à la mode dans le milieu du hip-hop…

Plus absurde encore est la campagne dans laquelle l’artiste s’embarqua ensuite : elle consista à coller ses autocollants dans le plus grand nombre d’endroits possibles. 1000LOGOS.net explique que Fairey commença seul, puis se fit aider par des amis de sorte que les autocollants furent finalement visibles dans de nombreux états des Etats Unis et même à l’étranger. Comment expliquer cet insistance de l’artiste à afficher cette image (selon nous inintéressante, plutôt hideuse et au message obscure) partout où il le pouvait ? L’explication donnée par Fairey est qu’il s’agit d’une expérience en phénoménologie (en philosophie la phénoménologie est l’étude de la façon dont toute chose apparaît à notre conscience). Cela ne nous convainc pas. Ensuite, le visage stylisé d’André Roussimoff produit par Fairey nous semble grotesque et le choix de cette image comme logo pour une marque de vêtements nous paraît invraisemblable. Les lithographies (des variations sur le design du logo) nous semblent tout aussi grotesques et dépourvues d’attrait de même que l’image obtenue en inscrivant le visage dans une étoile à cinq branches.

Bien sûr nos jugements sur l’étrangeté du choix de l’affiche de lutte, sur l’absurdité du message « André the Giant has a Posse », sur la démesure de la campagne d’affichage de l’autocollant et sur le grotesque des graphismes nous sont personnels et sont indéniablement subjectifs et chacun devra établir son propre jugement. Notre argument est que des invraisemblances dans le narratif du processus qui aurait conduit à la formation du motif final (l’étoile) pourraient indiquer que ce motif était en fait, depuis le début, la finalité recherchée par l’artiste et que les anecdotes relatées autour de cette genèse étaient autant de subterfuges destinés à dissimuler une volonté de produire un pentacle qui, une fois retourné, révèle le sigil de Baphomet. Ces anecdotes pourraient ainsi servir d’alibi à l’artiste s’il voulait nier toute connotation satanique dans son étoile (déni plausible).

Dans notre recherche d’indices révélateurs d’une intention de l’artiste de produire un symbole satanique, nous nous sommes demandé si Shepard Fairey avait traité le thème de l’occultisme dans d’autres projets. C’est ce que nous abordons ci-dessous.

La collaboration avec le groupe Suicidal Tendencies

S’il s’avérait que l’artiste avait utilisé l’imagerie satanique dans d’autres projets il nous semble que cela apporterait de la crédibilité à l’hypothèse que son motif en étoile soit véritablement lié à ce thèmeOr, en 2013, Fairey a en effet produit une œuvre qui non seulement aborde l’imagerie occulte mais représente exactement une tête de chèvre à l’intérieur d’un pentagramme. L’artiste explique qu’il s’agit d’une collaboration avec le groupe Suicidal Tendencies où, pour célébrer les 30 ans de leur premier album, il reprit le dessin original de Ric Clayton (à gauche sur l’image suivante) pour en produire sa propre version (à droite). Il nous semble que le logo de Fairey placé au centre du sigil de Baphomet constitue une indication assez convaincante de l’association du motif avec l’idole.

L'hommage à Ozzy Osbourne

Nous trouvons encore plus convaincant ce tweet du 4 décembre 2015 de l’artiste lui-même qui souhaite un joyeux anniversaire au chanteur de heavy metal Ozzy Osbourne en attachant une image où celui-ci brandit le logo de Fairey retourné. Le sigil de Baphomet est alors parfaitement reconnaissable dans le contexte de l’image. Rappelons que le surnom d’Ozzy Osbourne est « The Prince of Darkness » c.-à-d. « Le prince des ténèbres ».

Le tableau contient-il d'autres symboles occultes?

Laissons maintenant le logo de Fairey de côté et portons notre attention sur le reste du tableau Liberté, Egalité, Fraternité. Si on suppose que le logo contient réellement une connotation satanique alors on peut se demander si le tableau renferme d’autres symboles occultes. Avant de partir à leur recherche, signalons que tout comme le dessin de l’étoile précède l’œuvre, de nombreux autres éléments ont été importés depuis une lithographie préexistante de Fairey. Il s’agit de Make Art Not War, qui, selon le site obeygiant.com, fut créé pendant la guerre d’Irak.

 

Lithograph Make-Art-Not-War by Shepard Fairey

Observons tout d’abord le motif floral qui entoure le logo de l’artiste sur la gorge de « Marianne ». L’image suivante montre un modèle éclaté du motif qui met en évidence sa structure : on voit qu’il est composé de trois rangées de six pétales. Doit-on y déceler une autre référence au nombre de la Bête de l’Apocalypse ? Sur l’image le tableau a été retourné. Le logo révèle ainsi le sigil de Baphomet serti des trois rangées de six pétales mettant ainsi en évidence une symbolique satanique possible.

Observons maintenant que la femme du tableau porte des fleurs dans ses cheveux, ce qui n’est pas conforme à la représentation habituelle de Marianne. Bien sûr, un artiste est libre d’exprimer sa créativité comme il l’entend et n’est pas contraint de suivre les normes communément admises, cependant nous avons vu plus haut que des détails inhabituels peuvent parfois renfermer des messages cachés. En observant les roses avec attention sur le tableau retourné nous remarquons alors qu’au centre de trois d’entre elles on peut facilement lire le chiffre « 6 » (voir les flèches sur l’image suivante). Encore une fois nous obtenons le nombre « 666 ». Et nous commençons à nous demander si le tableau est en fait destiné à être retourné pour être interprété correctement...

Fairey a orné le disque radiant qui figure derrière la tête de « Marianne » d’une couronne de motifs qui évoquent des végétaux. En particulier on compte sept motifs en forme de palme (coloriés en jaune sur l’image suivante). Nous notons que sur le tableau renversé, ces palmes peuvent être reliées parfaitement avec l’un des symboles de l’Ordre des neuf angles, un culte satanique d’origine anglaise. Est-ce simplement une coïncidence ?

Intéressons-nous à présent aux mots « Liberté Egalité Fraternité » tels qu’ils sont écrits sur le tableau. La police de caractères choisie nous semble particulièrement inesthétique, sévère et peu adaptée pour supporter la devise nationale. La combinaison de la couleur noire, des angles aigus, des lettres maigres et étirées évoque plus des grilles de métal froides et acérées qu’un idéal unificateur, franc, solide et bienveillant. Les lettres les plus étirées, sur les côtés du tableau, sont tellement hideuses qu’on est en droit de se demander si leur forme ne sert pas un but caché. On remarque alors que le bas des mots « Liberté Egalité » et le haut du mot « Fraternité » suggèrent une forme de cercle aplati, c’est-à-dire une ellipse. On observe ensuite que la tête de « Marianne » est auréolée d’une disque rayonnant et que le bas de son visage suggère une forme circulaire. Si on complète ce cercle, on obtient une pupille au centre d’un iris lui-même au centre d’un oeil.

Notons maintenant les deux pinceaux qui convergent vers le logo de Fairey. Leur présence est incongrue car elle n’a de rapport ni avec Marianne ni avec la devise de la République Française. Mais gardant à l’esprit que le tableau révèlerait des symboles occultes lorsqu’il est vu à l’envers, retournons-le pour essayer de comprendre la signification de ces pinceaux. Le « v » inversé ainsi perçu peut alors évoquer le sommet d’une pyramide ou un compas. Associé à l’oeil dont nous avons parlé ci-dessus il rappelle alors le symbole de l’Œil de la Providence inscrit dans une pyramide et parfois surmonté d’un compas (voir l’image suivante où la portion des pinceaux cachée par l’étoile a été complétée de manière à suggérer un compas). Notons que l’Œil de la Providence et le compas, qui font tous deux partie de l’imagerie maçonnique, nous ramène indirectement à Baphomet puisque, comme les Templiers, les francs-maçons ont été associés maintes fois à cette idole.

Les sigils et la magie

Nous avons désigné l’insigne de l’Église de Satan par le nom de sigil de Baphomet mais nous n’avons pas encore expliqué la notion même de sigil. Nous allons aborder ce sujet maintenant et allons essayer de déterminer si on peut  établir un parallel avec le motif de Fairey.

En ésotérisme un sigil, ou sceau, est une figure graphique qui représente un être ou une intention magique. On peut lire sur Wikipedia que les sigils magiques sont « des concentrations visuelles de la volonté du magicien » et que celle-ci est « chargée dans le sigil et devient alors efficace en tant que courant d’énergie. » Certaines croyances attribuent donc un pouvoir aux sigils. On peut alors se demander si cette notion de pouvoir n’est pas le sens réel de la phrase a priori absurde « André the Giant has a posse » sur l’autocollant de Fairey. En effet, dans son explication l’artiste a lié le mot « posse » à un gang mais le mot a aussi une autre signification : selon etymonline.comen latin mediéval, « posse » signifie « pouvoir ». Le message de l’autocollant pourrait donc signifier « André le Géant a un pouvoir » et pourrait ainsi constituer une indication sur la finalité du motif, c.-à-d. un symbole magique. Cette interprétation du mot « posse » est corroborée par le fait que sur le dessin de Fairey fait en hommage au groupe Suicidal Tendencies (vu plus haut) ce mot apparaît là où le mot « possessed » figurait sur l’image originale de Ric Clayton ; dans son sens démoniaque « possess » signifie « avoir un pouvoir total sur ». Cette notion de pouvoir pourrait aussi expliquer l’injonction « OBEY » du logo d’Obey Clothing.

Nous ne sommes pas rompu au fonctionnement des sigils mais nous nous demandons si, dans les croyances qui y sont associées, leur efficacité requière qu’ils soient vus par un grand nombre d’individus. En effet, la présence du symbole derrière le président de la République lors de ses vœux télévisés (des émissions regardées par des millions de gens) satisferait cette exigence éventuelle. De même, la version monumentale de l’œuvre qui fit son apparition à Paris en juin 2016 sous la forme d’une fresque de plusieurs dizaines de mètres de haut, sur la façade d’un immeuble au 186 rue Nationale (et qui, selon Boulevard Paris 13valut au maire du XIIIe arrondissement, Jérôme Coumet, la récompense de la Marianne d’Or de la Culture 2016) garantirait aussi une visibilité certaine.

La fresque "Liberte Egalite Fraternite" par Shepard Fairey dans le 13e arrondissement de Paris
Jerome Coumet devant la fresque "Liberté, Egalité, Fraternité"

Les attentats du 13 novembre 2015

Shepard Fairey a expliqué avoir créé cette image (qu’il publia tout d’abord sur son site internet) par solidarité avec les Parisiens et l’humanité en général suite aux attentats terroristes du 13 novembre 2015 à Paris qui firent 130 morts et 413 blessés.

On peut cependant s’étonner de l’éloignement entre le sujet ainsi revendiqué et l’œuvre elle-même qui dépeint simplement, de façon neutre, des symboles de la République française (le drapeau tricolore, Marianne, la devise nationale) et ne fait aucune référence au prétendu signifié (elle ne suggère ni les événements dramatiques, ni les vies perdues ou bouleversées, ni les lieux ou la date du drame). Cette composition pourrait avoir été réalisée dans un contexte tout autre puisque son apparence est sans rapport aucun avec les atrocités. Ceci n’est pas surprenant puisqu’en réalité elle fut composée en grande partie dans d’autres circonstances (la guerre d’Irak). Cette version relookée de Make Art Not War, habillée des symboles nationaux, est une banalité républicaine qui pourrait avoir sa place dans n’importe quelle mairie de France et en n’importe quelle occasion. La seule référence aux attentats tient uniquement dans le fait que Fairey ait déclaré existence de celle-ci.

Notons aussi que le prétexte de ces attentats a par ailleurs servi à un autre artiste américain célèbre pour offrir à la ville de Paris, sous guise d’hommage aux victimes, un « cadeau » monumental (de 12,62 mètres de haut et d’un poids de 60 tonnes, socle inclu), laid, parfaitement obscène et, là encore, sans rapport apparent avec les événements. Nous parlons du Bouquet of Tulips de Jeff Koons, inauguré dans les jardins des Champs-Élysées le 4 octobre 2019 et que le philosophe Yves Michaud a décrypté dans son livre Ceci n’est pas une tulipe (titre auquel l’intitulé de cette page fait écho). Voir l’image suivante et la section sur les critiques sur la page Wikipedia consacrée à l’abomination pour plus d’explicationsDans ce contexte, on peut se demander si la fresque de Fairey ne serait pas elle aussi un cadeau empoisonné, une insulte déguisée, en fait, un magistral doigt d’honneurNous allons maintenant dresser une liste récapitulative des éléments qui vont dans ce sens.

Liste récapitulative

Rappelons d’abord les similarités entre l’étoile de Fairey et le sigil de Baphomet : 

  1. Les deux motifs comportent une étoile à cinq branches
  2. Dans les deux cas, il s’agit de pentagrammes inversés (la pointe vers le bas)
  3. Une tête est inscrite dans chaque pentagramme : celle d’un homme et celle d’une chèvre
  4. Les yeux sont situés au même endroit, de part et d’autre du centre de l’étoile
  5. Les cernes sous les yeux de l’homme forment sur le dessin inversé des sourcils en « v » similaires aux traits visibles au-dessus des yeux de la chèvre du sigil
  6. Les ombres qui partent des yeux de l’homme et s’allongent jusqu’aux extrémités des pointes horizontales de l’étoile ont un contour identique à celui des oreilles de la chèvre
  7. Les rides sur le front de l’homme présentent un motif similaire à celui de la bouche et des narines de la chèvre, situées dans la même pointe du pentagramme
  8. Le triangle formé par les cheveux noirs de l’homme, dans l’extrémité de la pointe en bas, est similaire au triangle décrit par la barbiche de la chèvre
  9. Les deux pointes du pentagramme orientées vers le haut sont divisées en deux dans le sens de leur longueur (par les petits triangles dans la partie inférieure du visage de l’homme et par les cornes de la chèvre
  10. Les pentagrammes sont tous deux inscrits dans un cercle
  11. Sur chaque dessin, les cercles sont doublés (concentriques, l’un légèrement plus petit que l’autre)
  12. Le nez inversé du lutteur ressemble à la torche sur la tête de la chèvre sabbatique d’Éliphas Levi
  13. Le double cercle avec ses traits radiaux autour de l’étoile rappelle l’ouroboros qui encercle parfois le sigil de Baphomet
  14. Les sections de l’« ouroboros » délimitées par les pointes de l’étoile comptent six anneaux alors que le sigil de Baphomet est parfois associé au nombre « 666 »
Rappelons ensuite les anomalies, absurdités et autres choix arbitraires de l’artiste qui pourraient s’expliquer par leur contribution au motif du sigil :
  1. L’étoile est trop mise en valeur pour pouvoir prétendre à un rôle de signature
  2. Fairey a modifié les rides frontales obliques de la photo d’André Roussimoff, ce qui donne un museau à la chèvre sur le dessin inversé
  3. Fairey a noirci un triangle au-dessus de la bouche du géant, ce qui contribue à délimiter les cornes de la chèvre sur le dessin renversé
  4. Fairey a noirci et épaissi les cernes sous les yeux du lutteur, ce qui donne des sourcils menaçants à la chèvre
  5. L’affiche de lutte nous semble un choix improbable comme point de départ d’une entreprise artistique
  6. L’autocollant André the Giant has a posse nous semble dépourvu d’esthétisme
  7. La phrase « André the Giant has a posse » nous semble absurde
  8. La campagne d’affichage des autocollants nous semble absurde et démesurée
  9. Le visage stylisé d’André nous semble grotesque et sans attrait
  10. Le choix d’utiliser le visage stylisé d’André comme logo nous paraît invraisemblable
  11. Les lithographies créées à partir du visage stylisé d’André nous semblent dépourvues de tout intérêt artistique
  12. Le choix d’inscrire le visage stylisé d’André dans une étoile nous paraît invraisemblable
  1. Rappelons que Fairey a associé son étoile au sigil de Baphomet dans un autre projet (l’hommage au groupe Suicidal Tendencies).
  2. Rappelons aussi que Fairey a produit un hommage à Ozzy Osbourne où son logo est représenté à l’envers et dans un contexte qui ne laisse pas de doute sur son interprétation comme sigil de Baphomet.

Rappelons les signes potentiellement occultes que nous avons repérés dans le reste du tableau :

  1. Le motif floral autour de l’étoile comporte trois rangées de six pétales, ce qui pourrait évoquer le nombre « 666 »
  2. Trois des roses comportent en leur centre le chiffre « 9 » c.-à-d. le chiffre « 6 » sur le tableau renversé
  3. Les palmes qui entourent le disque central peuvent être reliées, sur le tableau renversé, par le symbole d’un culte satanique (L’Ordre des neuf angles)
  4. Les lettres des mots « Liberté Egalité Fraternité », le disque rayonnant et le visage de « Marianne » définissent un œil qui, avec l’angle formé par les pinceaux, rappelle l’Œil de la Providence

Nous avons abordé aussi les croyances ésotériques liées aux sigils : 

  1. Rappelons le supposé pouvoir magique des sigils et l’utilisation du mot « posse » utilisé par Fairey (sur son autocollant) qui peut aussi signifier « pouvoir »
  2. Rappelons le mot « posse » sur l’hommage au groupe Suicidal Tendencies qui remplace le mot « possessed » de l’image originale. Ces mots ont la même origine et partagent la notion de pouvoir.
  3. Rappelons comme l’œuvre de Fairey a été exposée à un très grand nombre de gens d’une part via les vœux télévisés d’Emmanuel Macron et d’autre part grâce à la fresque monumentale dans le XIIIe arrondissement de Paris. Cette intense exposition pourrait éventuellement être en accord avec des croyances liées au fonctionnement des sigils.
  1. Finalement, Nous rappelons que le prétexte invoqué par Fairey pour justifier son œuvre (les attentats terroristes du 13 novembre 2015) a aussi servi de justification à un autre artiste américain célèbre, pour offrir un cadeau empoisonné à la ville de Paris.

Conclusion

Il est probablement impossible d’attribuer, au-delà de tout doute, une intention à un individu. Les raisonnements logiques ne permettent pas forcément de trancher et l’auteur pourra toujours invoquer le déni plausible et pourra se défendre avec des exclamations telles que celles-ci : « Mais non, pas du tout ! Vous vous faites des idées ! Et elles sont mal placées ! » Notre approche a consisté à lister les similarités objectives qui peuvent intriguer, à relever les anomalies qui pourraient mettre la puce à l’oreille et à établir des recoupements entre le tableau étudié ici et d’autres œuvres du même artiste. Cette liste de remarques, aussi longue et cohérente soit-elle, permet-elle d’affirmer que nous avons dévoilé un second degré d’interprétation dans l’œuvre, peu visible car dissimulé mais bien réel ? Il appartient au lecteur d’en juger et de forger sa propre opinion. Laissez un commentaire pour nous faire connaître votre point de vue.

Quelque soit notre point de vue sur la réalité des éléments occultes qui garniraient la composition de Fairey, il est intéressant de contempler un instant les implications qu’aurait leur existence éventuelle. Précisons d’emblée que nous nous limiterons ici aux implications les plus directes. En particulier, nous ne sommes pas en mesure d’expliquer pourquoi Fairey aurait introduit une imagerie satanique dans son oeuvre. Nous ne saurions dire, non plus, si l’occupant principal ou le personnel de l’Élysée ont connaissance de la présence de ces signes et s’ils les approuvent. Cela nous emmenerait bien au-delà de l’objectif que nous nous sommes fixé ou relèverait du domaine de la spéculation.

Si on accepte la connotation satanique de l’œuvre on doit alors conclure que cette composition n’est pas une Marianne ou, tout du moins, qu’elle n’est pas que cela, ce qui en fin de compte revient au même, une Marianne détournée n’en étant pas une. Bien sûr, ce ne serait pas la première fois qu’un artiste userait de fourberie pour exprimer des obscénités ou jeter des sujets tabous au visage du public. On pense par exemple à la sculpture gonflable géante Tree de Paul McCarthy installée sur la place Vendôme à Paris en octobre 2014, officiellement décrite comme un arbre de Noël mais représentant en fait un jouet sexuel. On pourrait aussi citer, dans un autre domaine artistique, les chansons à double sens Les Sucettes de Serge Gainsbourg (écrite pour France Gall) et Banana Split de Jacques Duvall (écrite pour Lio). Mais le degré de duplicité du tour que Fairey aurait joué dépasserait largement celui de la simple blague potache. En effet l‘artiste aurait menti en prétendant avoir créé Liberté, Egalité, Fraternité pour exprimer sa solidarité avec les Parisiens suite aux attentats terroristes de 2015. Il aurait fait preuve d’un cynisme époustouflant et révoltant, d’un mépris effronté des victimes et de leurs proches, de la morale et de la norme sociale. Il aurait de plus démontré un arrivisme sans limite en profitant du trauma causé par les événements tragiques pour déjouer la vigilance des récipiendaires de son « cadeau », imposer celui-ci et promouvoir des intérêts personnels obscurs. Mais cette critique sévère (bien qu’hypothétique) que nous venons d’exprimer serait-elle trop hâtive ? Pourrait-on lui opposer que l’inclusion des symboles sataniques cachés solliciterait une interprétation de la composition qui doit s’opérer à un troisième degré de compréhension, laquelle aboutirait d’une manière ou d’une autre à ce qu’on regarde l’œuvre favorablement ? Personnellement, nous trouvons cette éventualité trop alambiquée pour l’envisager sérieusement.

Il faudrait considérer aussi, bien sûr, les implications sur la ville de Paris : on devrait admettre qu’une gigantesque fresque exhibe insolemment, à la vue de tous, des signes sataniques depuis le sommet d’une façade d’immeuble et que le maire du 13e arrondissement reçût la Marianne d’Or de la Culture 2016 pour en avoir facilité l’installation.

Finalement, il faudrait s’habituer à l’idée qu’Emmanuel Macron ait fait entrer une œuvre satanique au siège de la présidence de la République ; il faudrait accepter l’idée que cette œuvre décore le bureau même du chef de l’État ; et il faudrait concéder que, par deux fois, le regard des français fût forcé de s’en accommoder pendant que leur président leur présentait ses vœux pour la nouvelle année.

Une analyse complémentaire : le tapis du bureau d'angle

Revenons brièvement sur le cheminement de notre étude du tableau. Guidé par la constatation des internautes, nous avons pris pour point de départ le logo de Shepard Fairey. Puis, essayant de confirmer le sens potentiellement occulte de cet élément central de l’œuvre, nous avons élargi notre champ de vision pour englober le reste du tableau ainsi que d’autres œuvres de l’artiste. Le but de l’accroissement progressif de notre champ d’étude était de chercher, dans un contexte toujours plus étendu, des indices qui corroboreraient les observations déjà faites. Selon cette logique, notre analyse ne devrait-elle pas se poursuivre par une exploration du reste du mobilier du salon d’angle ? Imaginons en effet que nous établissions que d’autres éléments du bureau d’Emmanuel Macron contiennent des symboles occultes. Cela ne donnerait-il pas une nouvelle dimension à notre analyse pour l’instant limitée au tableau ?

Nous vous proposons de lire notre page consacrée au grand tapis de velours du bureau.

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